Favoriser la biodiversité chez soi : 5 conseils pour aménager votre jardin et votre bâti
La biodiversité ne se limite pas aux espaces naturels : nos jardins et nos bâtiments constituent aussi de véritables refuges pour la faune et la flore locales. Ainsi, avec des aménagements simples et peu coûteux, chacun peut contribuer à préserver les espèces qui vivent à nos côtés.
1. Créer des abris adaptés à la faune.
Dans les jardins, des tas de bois ou de feuilles peuvent accueillir les hérissons, tandis que des pierriers ou des murs en pierres sèches sans jointements offrent des refuges favorables aux reptiles. Les amphibiens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandre) recherchent quant à eux des endroits frais et humides, tels que des tas de pierres ou de bois placés à l'ombre et à proximité d'un point d'eau.

Installer des nichoirs permet également d’aider les oiseaux, à condition de choisir des formes et emplacements adaptés aux espèces présentes :
- Les mésanges, par exemple, préfèrent un nichoir à petit trou (diamètre de 28 à 32 mm) installé entre 2 et 4 mètres de hauteur, orienté vers le sud-est, en évitant le plein soleil ou l’ombre totale.
- Les rougegorges et troglodytes privilégient les nichoirs semi-ouverts, placés à faible hauteur dans la végétation dense.
- Les hirondelles et les martinets, en fort déclin notamment du fait de la rénovation des bâtiments qui détruit leurs sites de nidification, peuvent être favorisés par des aménagements artificiels simples.
- Les hirondelles rustiques nichent à l'intérieur des bâtiments (granges, hangars) et n'ont besoin que d'une simple ouverture pour y accéder.
- Les hirondelles de fenêtre peuvent utiliser des nids artificiels en forme de coupe, construits en béton ou en résine et fixés directement sous le toit.
- Les martinets, qui nichent dans des cavités de murs ou sous les toitures, peuvent utiliser des nichoirs spécifiques avec entrée par le bas doivent être placées en hauteur (à partir de 6 mètres).
L'hiver est la meilleure période pour l'installation des nichoirs, afin que les oiseaux puissent repérer le nichoir avant la saison de reproduction.

Les chauves-souris, souvent méconnues car moins visibles, mais tout autant essentielles pour la régulation des insectes, peuvent également être favorisées par l’installation de gîtes. Dans les bâtiments, ils peuvent être placés sous les avant-toits, derrière des volets ou encore dans les combles, en veillant à laisser une fente d'accès d'environ 2 cm de large. Dans le jardin, des gîtes en bois non traité peuvent être fixés sur un arbre ou un mur exposé au soleil (orienté sud, sud-est) à une hauteur de 3 à 5 mètres. Les gîtes ne doivent cependant pas être ouverts une fois occupés pour éviter tout dérangement et abandon du lieu.
Les hôtels à insectes sont très répandus, mais leur efficacité n’est pas toujours optimale. Un modèle bien construit doit proposer une diversité de matériaux naturels non traités : tiges creuses (bambou, sureau), bûches percées, paille ou feuilles sèches, briques ou tuiles. L'hôtel doit être fermé à l’arrière, placé dans un endroit ensoleillé, orienté au sud, et fixé solidement pour éviter les vibrations.

2. Permettre à la faune de circuler facilement.
Les clôtures hermétiques constituent un obstacle qui limite les déplacements de la petite faune (hérissons, amphibiens, certains insectes…). Installer des séparations perméables ou aménager quelques passages (15 x 15 cm tous les 10 mètres environ) sous les haies, les grillages et dans les murs aide ces animaux à se déplacer, se nourrir et se reproduire.

3. Adopter une gestion douce du jardin (tonte et flore locale)
Conserver une zone non tondue permet à de nombreuses plantes sauvages, insectes pollinisateurs et petits animaux de se développer. Le choix des végétaux est tout aussi important : privilégier des espèces locales, mieux adaptées au climat et à la faune du territoire, est souvent plus bénéfique que des espèces exotiques ornementales. Certaines communes ou communautés de communes proposent d’ailleurs des listes d’essences locales adaptées aux plantations.


Le compostage permet de transformer les déchets organiques en compost et favorise ainsi le développement d'une microfaune riche dans le sol : vers de terre, cloportes, collemboles,... qui améliorent sa structure et sa fertilité. Il peut aussi servir de refuge temporaire pour certains petits mammifères ou amphibiens.

4. Réduire les pollutions chimiques et lumineuses
Limiter l’usage des pesticides et autres produits chimiques protège les sols, l’eau et les espèces sensibles. Des alternatives telles que l’utilisation de purins, ou d’associations de plantes sont tout aussi efficaces.
Réduire l’éclairage nocturne et les nuisances sonores contribue également à limiter les perturbations des cycles de vie de nombreux animaux, notamment les insectes et les chauves-souris (désorientation, modification des comportements de chasse, de reproduction, de migration).

5. Protéger les habitats lors des travaux et valoriser les points d’eau
Certaines espèces d’oiseaux et de chauves-souris utilisent les combles, fissures ou cavités pour nicher ou hiberner. Des travaux réalisés sans précaution peuvent détruire ces habitats. Il est donc recommandé de les planifier en dehors des périodes de nidification (avril–août) ou d'hibernation. Des gites et/ou nichoirs de substitution peuvent également être installés.

Les points d’eau, même de faible surface, constituent des lieux essentiels d’hydratation et de reproduction pour de nombreuses espèces. Leur préservation est donc indispensable. Lorsqu’aucun n’est présent, la création d’une mare, même de quelques mètres carrés, représente l’un des aménagements les plus bénéfiques à la biodiversité en attirant rapidement une grande diversité d’espèces. Lors de sa conception, il est recommandé de prévoir une pente douce ou un dispositif d’échappement permettant d’éviter la noyade des petits animaux.

En période estivale, l’installation de coupelles d’eau peu profondes constitue également une mesure efficace pour aider la faune à s’hydrater. Afin d’éviter tout risque de noyade, notamment pour les insectes, il est conseillé d’y placer quelques pierres ou branches servant de support.
Ainsi, quelques actions simples intégrées à la gestion des bâtiments et jardins, peuvent contribuer à préserver la biodiversité locale. Des associations locales ou nationales tels que la LPO peuvent fournir des ressources et des idées complémentaires pour accompagner ces démarches.
